Alors que les jeunes sont réputés se désintéresser de plus en plus de
la vie politique, les partis multiplient les efforts pour les attirer. France-Soir se livre à un tour d’horizon de
ces « mouvements jeunes ».
« Non,
les jeunes ne sont pas dépolitisés ! » affirme la sociologue Anne
Muxel. Pourtant, l’implication de ces derniers dans la vie de la cité
et leur participation électorale – ou plutôt sa faiblesse – reviennent
régulièrement dans les débats. Afin de tenter d’inverser la tendance,
les partis ont créé des mouvements de jeunes et les militants à la tête
de ces mouvements seront sans doute les figures politiques de demain.
Changer le monde
Le
mouvement le plus important, actif et médiatisé, est celui de l’UMP.
Benjamin Lancar, leur jeune président, ressemble en tout point à son
idole au même âge : Nicolas Sarkozy. Il ponctue ses discours de « mais
je vais vous le dire ! Non seulement on va le faire, mais on ira bien
plus loin ». Pour lui, les jeunes s’intéressent à la politique, mais
« le grand problème est qu’une grande partie d’entre eux n’ont plus
confiance en l’avenir, ils ont l’impression que demain sera pire
qu’aujourd’hui ». Ils « veulent agir, changer les choses, être utiles,
faire des projets, des missions et le seul moyen d’y parvenir est de
militer ». Les jeunes ont ainsi la sensation « d’être réellement
utiles ». « Le militantisme d’aujourd’hui, ce n’est plus d’aller coller
des affiches à la sauvette ».
La
politique organisée et partisane ne répond plus aux besoins politiques
des jeunes » approuve Rémi Guerber, le secrétaire général des Jeunes
Verts. Ils ne veulent plus être « enfermés dans un carcan ». Se
considère-t-il comme la relève de demain ? Il répond qu’il « ne veut
pas attendre demain pour prendre la relève ». Selon lui, « il faut
abolir l’idée que l’on doit attendre d’être vieux pour faire de la
politique ! »
Se battre pour gagner sa place
« Ils
ne doivent pas attendre qu’on leur donne une place, c’est à eux de se
battre pour la gagner ! » estime, de son côté, le président du
Mouvement des jeunes socialistes, Antoine Détourné, qui se veut
indépendant et détaché des « querelles de pouvoir dérisoires » qui
minent le PS.
Adepte
du « parler vrai », Franck Faveur, président du mouvement des Jeunes
démocrates, veut rompre avec « une communication souvent ennuyeuse et
loin de la réalité ». Pour lui, si les jeunes s’intéressent si peu à la
politique, c’est parce que les hommes politiques ne se préoccupent pas
des problèmes qui les touchent directement. « Pour la loi Hadopi,
l’exemple est flagrant, la majorité des députés ne savaient même pas
que l’on pouvait télécharger sur Internet. »
Chômage,
logement, précarité, insécurité, autant de sujets qui concernent
directement les jeunes, mais qui manquent malheureusement d’échos sur
la scène politique. Avant de savoir si les jeunes s’intéressent à la
politique, il faudrait peut-être que la politique commence à
s’intéresser eux.
Edition France Soir du samedi 1 août 2009