Jeunes démocrates d'Auvergne

HUMANISTES, INDÉPENDANTS, EUROPÉENS

Accueil     La question     Actualités     Les jeunes démocrates nat     Archives     Agir     Les liens utiles     Photo     Faq     Nous connaitre     Agenda     Presse et Media      
                      La question : Pourquoi suis-je adhérent au mouvement démocrate?

Quinze ans. Quelle vision manichéenne de la politique peut-on avoir à cet âge ! La manière dont certaines personnes voient l'hémicycle a  quelque chose d'étonnant. Deux visions du monde de l'hémicycle s'affrontent : la "gauche" (oui, des guillemets s'imposent en vue du large éventail des différents courants) est synonyme de bien, la "droite" celui du mal. La première question bête et méchante d'adolescente tombe alors : pourquoi donc la gauche n'a-t-elle pas été plus souvent au pouvoir ? L'Homme français serait-il si mauvais par nature de là à voter pour un parti sortant tout droit du diable ? Je n'en crois rien. Même avec toute l'insouciance et la naïveté qui me poursuivaient à cette époque, je n'en croyais rien et n'en crois toujours rien. Bien sûr certains me répondront que si la "droite" gagne - ou a gagné - si souvent (l'Élysée en particulier) c'est parce que la population vieillit (argument que j'approuve) mais la question reste toujours en suspens : quand on sait l'expérience qu'ont justement certaines personnes âgées, serait-ce vraiment dû à un certain cynisme de leur part qu'elles voteraient à droite ?

Certaines personnes pensent que la politique ressemble à un carrefour : ou on prend à droite, ou on prend à gauche. A un moment il faut obligatoirement faire un choix. Le centre n'existe pas dans ce schéma. Je ne suis pas d'accord. On pourrait très bien dans ce cas (pour continuer dans les métaphores) prendre l'image du trapéziste. Ce dernier essaye de trouver un équilibre entre la droite et la gauche pour faire le prochain pas. Petit à petit, le trapéziste fait un bout de chemin et regarde loin devant lui. Il avance tout simplement. S'il penche, si son corps s'échappe d'un côté sans prendre en considération l'autre, s'il bascule vers un extrême, il s'effondre. Il n'y en a pas qu'un qui puisse le diriger, le pousser vers la bonne direction. Il y a la troisième voie, le fil, qui ne marchera qu'en prenant les atouts qu'offrent chaque côté. D'ailleurs ceux qui prennent l'image du carrefour oublient une chose : parfois, on peut aussi aller tout droit. C'est bien ce que confirme une citation de JFK (Jean-François Kahn, tête de liste pour les européennes, circonscription est) "Nous ne sommes ni de droite, ni  de gauche, nous sommes juste de l'avant." On n'est pas toujours obligé d'être radical pour prendre position. On peut aussi être nuancé, modéré, peser le pour et le contre, et quand même avoir un avis. Sans vouloir faire dans les généralisations, ceux qui ont des avis très tranchés sont le plus souvent aux extrêmes du paysage politique. Une large partie de l'Histoire le confirme.

S'il existe un parti pour lequel j'aurais pu militer si le MoDem n'avait pas existé, il aurait sûrement été nommé PS. Mon coeur balance vraisemblablement plus à gauche qu'à droite, en tout cas en vue de la droite actuelle, à ne pas confondre avec la droite chiraquienne, ou villepiniste. Mais s'il existe, un critère et un seul, que tout homme ayant une conscience politique se doit de respecter, c'est bien celui d'être en accord entre sa pensée et ses actes. Entre ses valeurs et ses actions quotidiennes. Bref, d'être cohérent. Par respect pour les valeurs qu'il prône. Pour moi, une partie significative du Parti Socialiste ou de ses sympathisants (attention, je ne dis pas tout le monde, certaines personnes respectent entièrement ce critère) ne sont pas capables d'appliquer dans leur propre vie les valeurs qu'ils défendent. Et c'est bien dommage, surtout quand on sait les valeurs du socialisme. S'il existe un parti démocratique qui se doit d'appliquer ce qu'il prône, c'est bien le Parti socialiste, quelque part encore plus que l'UMP. Or, certaines personnes, et même parfois de mon entourage, ont été prêtes plusieurs fois à défendre l'égalité des chances, et à ne surtout pas hésiter à faire une Classe préparatoire (privée bien entendu), puis à ensuite intégrer une de ces écoles de commerce à plus de 8000 euros l'année, bref une de ces écoles qui font une sélection par l'argent avant de faire une sélection par la qualité de l'individu. Prôner l'égalité des chances et intégrer la formation française la plus adémocratique qui existe (des écoles/instituts publics similaires aux formations des écoles de commerce existent en France, qu'on se le rappelle), voilà une belle preuve de croyance en ses convictions. D'autres socialistes bénéficient d'avantages en tous genres inédits (pistons, petits arrangements entre amis) et se plaignent que les personnes ayant un penchant pour la droite ont pour la plupart des avantages, voir des privilèges dont ils profitent. Certaines personnes de gauche critiquent en la droite ce qu'elles ne sont pas capables d'appliquer elles-mêmes. (Et soit dit en passant, je m'abstiens là de toutes allusions à Julien Dray et SOS Racisme, ou encore à Ségolène Royal et ses secrétaires qu'elle n'a pas voulu payer pendant des mois. On a tous des traîtres dans nos partis, MoDem compris !). Attention, je ne demande à ceux que je décris de se priver de toute forme d'avantages ou de richesses. On ne peut pas appliquer au doigt et à l'oeil nos valeurs. Il ne manquerait plus que l'on dise à un socialiste qu'il n'est pas en osmose avec ses valeurs parce qu'il porte des Ray-Ban ou même qu'il s'offre des vacances luxueuses, ou à un Vert qu'il n'est pas écologique parce qu'il a pris une douche trop longue... Je ne serai jamais assez prétentieuse pour dire que MOI, contrairement à certains socialistes, j'applique, au sein de chacun de mes mouvements quotidiens l'humanisme que défend le MoDem. Ce serait évidemment faux. Disons qu'il y a une limite (subjective, certes) à ne pas dépasser, un cap à ne pas franchir. Il s'agit d'une question de crédibilité devant les citoyens, crédibilité importante, surtout si on est dans le monde de la politique ! C'est une forme de respect qui se glisse derrière le tract que recevra le citoyen lambda avant une élection, tout simplement.

J'aime le socialisme, sans aucune hésitation, mais le plus souvent, je n'aime pas les socialistes. Hélas.

Voilà en quelques mots les grandes lignes de mon engagement au sein du Mouvement Démocrate. Personne ne peut dire que le Mouvement Démocrate mène inexorablement à l'échec, puisque le Mouvement Démocrate n'a jamais été au pouvoir (sauf localement, bien entendu). Personne ne peut affirmer qu'il conduit à la réussite, puisqu'il n'a jamais gouverné le pays. La troisième voie est donc simplement encore un espoir, un véritable espoir. Je n'ai donc pas la prétention de dire de manière péremptoire que mon parti est mieux qu'un autre, pour l'instant j'ai la prétention de dire qu'à l'heure actuelle c'est le seul parti en lequel je crois. Le jour où l'Élysée nous ouvrira ses portes, peut-être que je serai déçue du modèle de société auquel j'aurai cru de nombreuses années durant (auquel cas je rendrai ma carte), peut-être aussi que je signerai et approuverai, toutes les portes sont encore ouvertes.


A tous les amis socialistes que j'ai: ne pas prendre pour soi d'emblée les critiques émises dans cet essai. Ne sont visées ici que certains socialistes.


Par Agnès Callou

le 9 juin 2010



        J'ai commencé à m'intéresser à la politique assez tard. À l'âge de 18 ans, pour tout vous dire, au moment où l'élection présidentielle de 2007 se préparait.

        Mon déclic politique est survenu lors des manifestations contre le CPE, et c'est à ce moment-là que j'ai commencé à mettre des visages sur tous les noms que je voyais et entendais régulièrement, sans jamais trop savoir à quoi ils correspondaient. Pour beaucoup, je n'avais que leur marionnette dans les Guignols.

        J'ai donc suivi les pré-campagnes des principaux partis d'assez près. D'un côté, je voyais ce PS poussif qui cherchait son candidat. Je n'arrivais pas à me passionner pour l'un des prétendants, même si j'avais une petite préférence pour Dominique Strauss-Kahn. D'un autre côté, je voyais l'UMP, avec Nicolas Sarkozy à sa tête, qui faisait presque figure de seul et unique candidat autorisé pour la droite parlementaire.

        Au milieu de tout ça, François Bayrou commençait à faire son bout de chemin. Je ne m'attendais pas à le soutenir au départ, par crainte qu'il fasse un score misérable. Après l'investiture de Ségolène Royal pour porter le projet (hmm...) socialiste, je m'étais dit qu'il paraissait le meilleur choix à faire pour le pays.

        Si au départ, mon vote pour François Bayrou s'apparentait à un vote par défaut, au fil de la campagne, je me suis découvert une réelle attirance pour le personnage, le discours, et, surtout, les idées. Je n'aurais pas été capable de réciter religieusement les diverses propositions énumérées (je ne pense d'ailleurs toujours pas l'être aujourd'hui, quelle que soit l'élection), mais la vue d'ensemble sur ce qu'il défendait pour le pays me parlait tout à fait, et avait quelque chose de crédible, rassurant. Et c'est là le plus intéressant : il s'agissait d'un projet à la fois pragmatique et audacieux. À la fois humaniste et réaliste.

        L'élection passée, j'ai pré-adhéré au Mouvement Démocrate, avant de confirmer mon adhésion très rapidement (pour preuve : je suis le 449ème adhérent). Au-delà de la personne de François Bayrou, c'est à présent sur l'ensemble du mouvement que ma conviction se porte réellement.

        Ma première implication dans une campagne électorale a été assez timide, puisqu'elle s'est limitée à une distribution de tracts lors des élections européennes de 2009.

        Les dernières élections régionales ont marqué un grand tournant dans mon militantisme. Étant maintenant vice-président des Jeunes Démocrates d'Auvergne, chargé du Pôle Étudiants, j'ai su donné un sens à mon adhésion, et j'ai participé autant que possible à la campagne, malgré les cours, malgré des petits soucis de santé.

        Toute cette campagne aura été passionnante, entre les tractages devant les facs et dans les marchés, les cafés démocrates, les réunions passionnées, les rencontres avec des personnalités comme Antoine Waechter, Abdoulatifou Aly, et même François Bayrou!

        Évidemment, mon engagement ne convainc pas tous mes amis, qui se demandent parfois pourquoi je reste au MoDem, pourquoi je ne vais pas rejoindre un parti qui a davantage de succès, davantage de militants, davantage de moyens. Mais ce n'est pas dans mes ambitions personnelles que résident mes convictions : en adhérent au MoDem, je savais que la route serait dure, et que le succès ne serait pas toujours au rendez-vous. J'ai rejoint cette aventure en connaissance de cause, car je savais dès le début où se situait ma motivation.

Je suis allé là où m'ont porté ma tête et mon cœur. Vers ce projet humaniste et réaliste.


par Maxime Gueret
Le 20/04/2010

           Ma première élection était celle de Mai 2007. Pour une première fois, les présidentielles représentaient un enjeu de taille, une élection réellement motivante, qui a donné lieu à de nombreux débats. C’était l’occasion de découvrir les programmes des partis politiques, de comparer les idées proposées par chacun des candidats. Je me suis alors rendue compte que je n’étais pas satisfaite de la traditionnelle présentation clivée de notre échiquier politique. Cette droite et cette gauche avaient peut-être un sens à la Révolution, mais elles n’en ont plus selon moi aujourd’hui. En effet, de nombreuses problématiques politiques se présentent de façon transversales et nécessitent, pour y faire face, qu’on ne les aborde pas d’une façon rigide et dogmatique, de manière à se démarquer d’un autre camp plus que pour les résoudre. Je pense aux problèmes liés à la dette publique, à l’emploi, au développement durable…

En 2007, j’ai été sensible au discours de François Bayrou, notamment à son discours sur la dette. Il abordait frontalement le problème, et rappelait que la France vit très au-dessus de ses moyens depuis trop longtemps. Son programme m’a paru plus pragmatique et moins idéaliste que celui des autres candidats.


         Si je suis moins actuellement l’homme politique, le parti qu’il a créé m’intéresse par sa position originale dans l’éventail des partis politiques, et par son projet humaniste basé franchement sur les bases d’une économie libérale dans laquelle nous vivons tous mais que certains n’osent toujours pas assumer. Par ailleurs, l’idée de rassembler les Français plutôt que de les diviser en deux factions, si elle peut paraître un peu naïve d’un point de vue politique, me semble essentielle pour mener notre pays qui doit faire face aux défis des communautarismes grandissants, et aux mutations économiques.

        

          La dimension historiquement européenne de l’engagement centriste achève aussi de me convaincre. Pour moi qui suis une européenne convaincue, le Traité de 2005 conspué par la gauche  et soutenu du bout des lèvres par une partie de la droite, finalement refusé, est le signe patent du mépris de nos dirigeants pour l’Europe, qui sert de bouc émissaire et n’est jamais présentée comme l’avancée politique majeure de la fin du XXème siècle. Historiquement, les centristes donnent une dimension européenne à leur position, et en cela ils sont les avants-gardes politiques, ancrés dans le véritable sens de l’histoire.


Iris Passy

Le 12/04/2010